Céramique

Depuis toujours, j’ai été prodigieusement fascinée et attirée par l’argile. Toute petite, j’allais voir  avec plaisir et envie les potiers du sud de la France. A l’âge de dix ans, mon premier achat à été  un pot à eau acheté à Mornas dans Le Vaucluse ; je l’ai toujours.

La glaise, je l’ai touchée aux Beaux Arts, mais je trouvais le matériau trop capricieux, trop mou, trop difficile à travailler ; pas encore prête…

J’ai quitté Valence en février 2006 pour vivre en Isère, entourée de maisons en terre, (celle dans laquelle je vivais était en pisé). Les Terres froides en particulier regorgent de ces bâtisses primitives, semblables au niveau de la construction à celles du Maroc. Ce matériau-terre me parle et m’inspire…Nouvelle vie, nouvelles envies… Là, j’ai sauté le pas et pris des cours de modelage. Le choc était à prévoir. Un plaisir profond m’envahit lorsque je touche l’argile…

Aujourd’hui, après trois ans de pratique, j’installe avec Dominique mon mari, un atelier de pratique céramique dans notre maison en Drôme provençale (les Terres froides ce n’était pas pour nous…)

Je touche enfin terre.

La céramique est un monde à part entière, le nombre infini de possibilités permet à chacun de s’exprimer et de trouver son écriture, sa matière, ses couleurs. La peau de la terre est à découvrir, nue, lisse, rugueuse, brillante, mate, noire, blanche, rousse, rouge, colorée d’engobes, habillée d’émail. Le choix des possibles est immense.

C’est une dure école de la patience, du respect du matériau vivant, de ses exigences, de ses lois, mais quelle récompense de la toucher déjà, de la façonner, de lui donner forme ensuite. Terre amie, terre offerte, terre sensuelle, douce, plastique, malléable. Terre vivante.

J’ai touché à tout, comme c’est mon habitude. La faïence, le grès, la cuisson électrique, le raku, initiée par mes maîtres devenues amies. Je ne remercierais jamais assez Christine Cosmano Prohaszka et Sylvie Rusé Maillard, pour m’avoir tout donné, avec cette générosité que l’on retrouve plus souvent chez les artisans que chez les artistes.

Cette confrérie de passionnés se tient les coudes, s’entraide, s’aide à se promouvoir, je n’avais jamais connu cela dans mon milieu de peintres et de sculpteurs. La céramique devient un art à part entière, regorgeant de créativité positive, les céramistes d’aujourd’hui prennent leurs lettres de noblesse en tant que véritables artistes.

Je me suis très vite reconnue chez eux. Leur générosité dans leur enseignement, dans leur façon de vivre, leurs créations qui parlent au cœur, aux mains, aux yeux, sans discours, comme une connivence, m’ont consolée, rassasiée.

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